Histoire de la Tour d'observation de la Faux d'Enson à Roche d'Or

 

LA TOUR D’OBSERVATION DE LA FAUX D’ENSON

 

« Permettez qu’on vous interroge : 

Où sont vos fleuves, franchement ? » 

Il oubliait tout simplement 

La Venoge » 

Jean Villard Gilles  

 

Il est tentant de parodier le poète et de s’interroger : mais où sont les cabanes alpines de la Section Jura du CAS ? Le curieux de service oublie tout simplement le chalet des Ordons et… la Tour d’observation de la Faux d’Enson. 

 

La terrasse

En cette année du 100e anniversaire, il est peut-être utile de rappeler toutes les péripéties vécues par la Terrasse puis la  Tour d’observation de la Faux d’Enson. Construite en 1922,  elle est intimement liée à la vie de la section. Elle coûta la modique somme de 1242.65 Fr ; il faut dire qu’à cette époque le salaire horaire d’un maçon s’élevait à 2.- Fr et celui d’un manœuvre à 1.50 Fr. La terrasse fut admirablement inaugurée le 25 juin 1922 à l’occasion de la Rencontre des sections romandes. La pérennité de la construction avait été assurée le 31 mars 1925 par un droit perpétuel de servitudes constitué officiellement en faveur de la Section Jura du CAS. Que du beau monde pour signer l’acte notarié : le propriétaire du terrain, M. Julien Bornèque-Japy, industriel et maire de Beaucourt, Joseph Choffat, ancien diplomate et président de la section, petit-fils du préfet Henri-Joseph Choffat, et le notaire Ernest Villemin, député au Grand Conseil bernois. Les Japy furent à l’origine d’un extraordinaire développement industriel de Beaucourt, les Bornèque furent présents dans le Jura au 18e siècle à l’époque de Xavier Stockmar  (Xavier Bornèque, député au Grand Conseil bernois de 1831 à 1833 et Eugène, maître de forges à Bellefontaine et député de 1844 à 1845). 

 

Sa restauration

Durant 40 ans, la terrasse et sa table d’orientation ne font pas trop parler d’elles mais subissent les affres du temps et des vandales ; elles sont laissées à l’abandon et inspirent désolation et pitié. Sous la responsabilité du président de la section Jean-Pierre Zollikofer, elles sont restaurées avec l’appui financier de l’ADIJ, de Pro Jura et du TCS. L’inauguration a lieu le 23 juin 1962 en présence de ces trois associations, des autorités communales et des membres de la section.  

 

Une construction nouvelle : la Tour d’observation

Mais très vite, la terrasse subit de nouveau les attaques du gel, des intempéries et des perpétuels vandales ; les arbres ont poussé et masquent une partie du panorama. C’est la déprime et la désolation. Que faire ? Maintenir la terrasse, céder nos droits ou, sacrilège, la détruire ? Le 3 mai 1984, après des discussions fort tendues, l’assemblée décide la conservation de la terrasse. L’optimisme a repris le dessus. Bernard Bandelier, qui présidera la section de 1985 à 1988, empoigne le dossier de main de maître. Un comité, formé de personnalités du GDR (Groupe de développement de Roche d’Or), de l’AJTP, aujourd’hui Jura Rando et de la Section Jura du CAS voit le jour le 15 novembre. Après étude, il appert que l’utilisation de l’ancienne terrasse ne peut pas être retenue et qu’il faut songer à une construction nouvelle. Différents projets sont ébauchés mais les moyens financiers manquent. A 70 mètres de la terrasse, la Confédération possède une tour géodésique de 9 mètres de haut construite en 1902. Elle n’en n’a plus l’emploi et, après tractations, elle sera cédée en 1988 à la section Jura du CAS qui va en faire bon usage. Grâce à d’importants apports d’argent (plus de 40’000.- Fr), la tour pourra être restaurée dans les règles de l’art et flanquée d’un escalier en colimaçon. Ainsi l’ancienne terrasse haute de 1,5 m sera démolie et fera miraculeusement place à une tour d’observation de 9 m de haut et ses 935,61 m d’altitude. Cette magnifique réalisation fut inaugurée avec faste le 15 octobre 1989.   

 

Aujourd'hui  

Aujourd’hui la Tour d’observation de la Faux d’Enson impose le respect et veille élégamment sur les Alpes, les Vosges, la Forêt Noire, l’Ajoie et la France voisine. Elle est une belle carte de visite de la Section Jura du Club Alpin Suisse. Merci à ses intrépides membres qui en ont pris jalousement soin depuis bientôt 100 ans.

 

Texte : Bernard Varrin, 2017

Sources : Archives Faux d’Enson, Bernard Bandelier

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